ACCOUCHEMENT : NAISSANCE DE SOI ?
J’ai accouché de mon premier enfant en 2016 et lorsque mon fils est venu au monde, à la seconde où j’ai posé les yeux sur lui je me suis dis :
« Bon déjà il ne ressemble pas du tout à ce que je m’étais imaginé » mais surtout « Ok, ça va swinguer ».
J’ai eu instantanément la sensation que cet enfant allait TOUT bouleverser dans ma vie. Avec du recul, j’aime dire que lorsqu’il est sorti de mon ventre, il a appuyé sur le bouton « reset » (réinitialiser) avec le message :
« Et alors, tu es qui en fait ? Genre, vraiment ? »
Mettre au monde mon premier fils m’a fait comprendre qu’il allait falloir que je sois sacrément alignée avec moi-même pour être la mère que j’avais ENVIE d’être. J’ai bien dit « ENVIE » d’être et non pas celle que je pensais « devoir être ». Cela peut paraître subtile pour certain.es mais quand on a grandit avec l’idée que ce qui était important c’était de toujours « tout bien faire comme il faut » et bien c’est loin d’être anodin.
LE COEUR vs LA TÊTE
Inutile de vous dire qu’après la naissance de mon fils, j’étais un peu décontenancé psychologiquement. Paradoxalement, je n’avais aucune difficulté à créer du lien avec mon bébé ou à m’occuper de lui. Bon il était, clairement, un bébé « facile » et ça, ça aide énormément.
Donc c’était comme si mon corps (mon cœur ?) savait alors que ma tête était paumée. C’était le grand bouleversement, avec comme postulat de départ :
« Mais qui suis-je ? »
Je disais à mon mari :
« Mais en fait j’ai l’impression de ne plus rien savoir : je ne sais pas si j’ai faim, si j’ai froid, si j’aime encore ce film, si je suis quelqu’un qui a de l’humour, si j’aime vraiment écouter du rock etc… » Oui ça n’a aucun sens, aucune logique mais on a appuyé sur le bouton de réinitialisation aussi…donc tout y est passé ou presque.
Bref, dans ce KO émotionnel, il était vital de faire quelque chose et au 2 mois de mon fils de suis allé voir une Énergéticienne. Et là j’ai sauté à pieds joints dans le merveilleux monde de la découverte de soi.
Ce rendez-vous fût le premier d’une longue série; cette femme extraordinaire, Béatrice, étant aujourd’hui une amie et aussi cette personne « ressource ». Et à partir de ce premier rendez-vous, elle m’a accompagnée afin que je puisse découvrir la femme que je suis, étape par étape.
La dimension émotionnelle est depuis, à 100% intégrée dans mon quotidien. C’est devenir mère qui m’a poussée à entreprendre ce chemin « introspectif ». Ce sont mes enfants, qui me poussent régulièrement à aller libérer ce qui m’empêche d’oser être la femme que je suis et par conséquent, la mère que je suis. Car oui, être parent est une facette de qui nous sommes mais ce n’est pas notre identité. Et en ce qui me concerne, il aura fallut que j’ai des enfants pour que je décide d’écouter mon cœur et décide de vivre ma vie en fonction de qui je suis.
ÊTRE PARENT, C’EST ÉCOUTER SON COEUR
Personnellement, j’ai la chance d’évoluer dans une famille où l’on parle librement et sans jugement de « santé mentale ». C’est en partie lié à notre histoire mais aussi grâce à ma mère qui a toujours été curieuse et ouverte sur ce sujet. Je suis entourée d’hommes et de femmes qui n’ont aucune difficulté à parler de leurs émotions, de leurs questionnements, leurs doutes etc…y compris mon mari. Ce fût donc presqu’une évidence pour moi de franchir le cap de « me faire accompagner ».
Et même si cela est de plus en plus démocratisé, je sais qu’il y a des hommes et des femmes qui évoluent dans un environnement familial et/ou amical où il est encore difficile de parler librement de ses émotions et cela n’aide pas à être à l’écoute des siennes. Et pourtant, lorsque l’on devient parents, ces sujets sont tellement importants.
Parce que la parentalité ça bouleverse. C’est plus ou moins intense selon les personnes mais dans tous les cas, ça bouleverse. Devenir parent ouvre une « porte » sur nous-même qui n’a jamais été ouverte avant et on ne sait jamais ce qui se cache derrière. Devenir parent, c’est être de façon régulière confronté à son propre enfant intérieur: et lui, comment il se sent ? Devenir parent, c’est déconstruire ce qui ne fait pas sens pour nous afin de pouvoir transmettre ce qui compte vraiment.
Bref, devenir parent c’est une invitation à se découvrir et se libérer soi-même et c’est un véritable cadeau.
Aujourd’hui mon fils aîné à 9 ans et cela fait tout autant de temps que la santé émotionnelle a autant sa place que la santé physique dans notre famille. Je ne serais pas la femme ou la mère que je suis aujourd’hui si je n’avais pas écouté mon cœur et entrepris ce chemin de libération. Et c’est un chemin : il ne faut donc pas s’attendre à en voire le bout mais y avancer avec un bagage (émotionnel) de moins en moins lourd et ce dans tous les domaines de notre vie.



